Posté le 11.08.2010 à 13:38
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Une critique de Gilbert Marques, nouvelliste, poète et homme de théâtre.
J'ai apprécié, comme toujours, votre écriture directe et franche. La première partie, que vous consacrez à camper les personnages et le décor, m'ont rappelé quelques souvenirs même si, contrairement à vous, je n'ai pas l'expérience d'administrateur de forum. Antigone notamment me remémore un certain monsieur mais aussi d'autres emmerdeurs du même genre mais je ne m'étendrai pas sur ce type d'individu que vous connaissez aussi bien que moi. La seconde partie de votre livre m'a davantage séduit peut-être à cause d'Emilie mais surtout de l'intrigue qui se développe et prépare une fin un peu semblable à celle des nouvelles, genre dans lequel vous excellez. En fin de compte, au fil du récit, vous parvenez, peut-être à votre corps défendant, à rendre Antigone presque humaine dans le sens où elle a sacrifié sa vie pour les siens tout en gardant une personnalité parfaitement cynique. Attention, je ne dis pas sympathique mais on peut la supposer capable d'une certaine forme d'amour, notamment envers son neveu, quoique vous compensiez par une certaine intolérance lorsqu'il veut connaître sa famille paternelle. En peu de mots, vous saisissez parfaitement les travers de ces gens parfaitement infréquentables mais qui s'imposent et s'incrustent. Votre tour de force cependant tient en ce que vous ne les affublez pas d'un rôle dramatique qui pourrait parfaitement leur coller à la peau mais que vous leur donnez ce que je définirai par une attitude clownesque allant au-delà même de la simple comédie. En homme de théâtre peut-être justement déformé par cette vision, je dirai que vous allez à l'essentiel du caractère en le développant jusqu'à la caricature. Certains pourront croire que vous exagérez. Vous n'avez pourtant pas eu besoin de beaucoup forcer le trait.
Vous écrivez que votre petit roman est sans prétention. Peut-être à vos yeux mais aux miens, il me paraît beaucoup plus profond que vous ne l'imaginez sans pour autant tomber dans le travers moralisateur, inquisiteur ou dieu sait quoi encore ! Pour moi, il s'agit d'un livre qui traite d'un sujet sérieux sans se prendre justement au sérieux. J'aime beaucoup ce côté à la fois dérisoire et ironique. J'apprécie ce recul et votre façon d'aborder le sujet avec dérision. Vous savez faire quelque chose que je vous envie parce que je ne sais pas faire : parler des choses ordinaires de la vie avec fantaisie et simplicité.
Merci sincèrement pour ce moment de fraîcheur !
Un autre retour de lecture pour Détestable Antigone, roman, éditions Laura mare, celui de Michèle Obadia-Blandin, auteure;
( J'ai volontairement occulté certains noms... pour conserver le suspense!)
"Pour parler de ton livre, je ne l'ai pas lu, je l'ai englouti... à une vitesse vertigineuse. J'ai a-do-ré. Bien sûr, j'y ai retrouvé l'ambiance de MDA. Il m'a semblé reconnaître en Antigone un hybride entre ……….. (que j'avais rencontrée une fois au festival du livre de Nice et qui m'avait paru puante, emmiellante...) et …………avec qui j'avais entretenu d'assez bonnes relations (j'ai peut-être été l'une des rares à l'avoir fait ;-) !!!!). Pour ma part, il m'a semblé me reconnaître un peu en…….. Si tel est le cas, je suis flattée car c'est un beau personnage, noble et réservé. J'ai craint un instant d'être Latraviata (alias Sylviane en raison de la ratatouille et des bonnes relations entretenues avec Antigone...). J'ai bien sûr reconnu ………. en Loïc Kermaria. Il se taille "la part de l'ours", si j'ose dire dans ce polar bien mené. Même si je me doutais un peu de la fin, j'ai apprécié le récit, la finesse (et l'humour) avec lesquels tu décris cette histoire. Si Nadira est à l'évidence ………..(on y retrouve bien son humour et sa personnalité), je n'ai pas réussi à définir qui était Lareinette ni Tanita………. Et bien sûr, je n'ai aucun doute, tu es……...
Je ne vais pas être très originale en te disant qu'une suite sera la bienvenue. Le personnage de la soeur (Emilie) pourrait y jouer un rôle important et pourquoi pas inattendu... Après tout…………..elle n’est peut-être pas aussi lisse et policée que la fin de roman semble le montrer...Quoi qu'il en soit, j'ai aimé beaucoup beaucoup beaucoup. J'en redemande.



Posté le 20.07.2010 à 20:02
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Regardez-la gravir la passerelle, brandissant comme un étendard son grand parapluie aux couleurs du drapeau des États-Unis, sourde aux rires des autres voyageurs. La statue de la méchanceté embarquant à la rencontre de celle de la Liberté. Charles lui tient la main gauche – pensez donc, si môman venait à faire un faux pas – et porte son sac de voyage. Moi, je suis le couple, maudissant mon mari qui ne sait rien refuser à sa génitrice. Il va la conduire docilement jusqu’à sa cabine ; je me débrouillerai seule avec nos deux valises.
Depuis notre mariage, elle n’a cessé de me pourrir la vie. Je ne suis pas assez bien pour son Tcharlz, prénom qu’elle s’entête à prononcer à l’américaine. Tcharlz est tout ce qui compte à ses yeux et Tcharlz dit amen à tous ses désirs. Sa dernière lubie, dernière car elle nous serine qu’elle n’a plus très longtemps à vivre – la carne se porte comme le Pont-Neuf – refaire en sens inverse le voyage qui a amené en1960 Bree Simpson de New-York à Cherbourg pour rejoindre l’amour de sa vie, un étudiant français connu sur les bancs de l’université. Nous avons tenté de la persuader que l’avion serait plus confortable, moins fatigant pour elle. Rien à faire, elle tenait à voyager dans les mêmes conditions qu’autrefois. J’imagine déjà l’horreur des longues journées à bord du transatlantique. Madame Latour allongée à l’ombre sur une chaise longue, coiffée de sa ridicule capeline garnie de plumes d’autruche, Tcharlz darling à ses côtés ; elle aura tant de souvenirs à lui faire partager. Moi, pataugeant à la piscine ,ou le nez dans un livre, en solitaire. Aux repas, elle picorera du bout des lèvres, demandera sans cesse à son « grand » si le poulet est assez cuit, s’il a assez mangé. Son « grand », qui ne dépasse pas le mètre soixante-cinq, la rassurera, sucrera son café.
Le pire, ce sera le soir. Alors que dans notre cabine, nous serons enfin prêts à retrouver notre intimité de couple, Bree toquera à notre porte. Soit elle aura froid, soit elle sera prise d’une angoisse et Charles ira l’envelopper d’une couverture ou lui faire la conversation jusqu’à ce qu’elle s’endorme. Elle nous a déjà joué mille fois cette comédie.
Je n’ai jamais compris ce lien arachnéen qui enchaîne mon mari à sa mère. Il n’avait que dix ans lorsque son père a quitté ce monde mais était-ce une raison suffisante pour que la veuve Latour tisse sa toile au fil des ans et que Charles s’y prenne les pattes sans jamais manifester la volonté de donner le coup de ciseau salutaire ? Dire que nous pourrions être en ce moment tous les deux à La Réunion, à renouer avec les fougueuses étreintes de notre voyage de noces ! Et nous voilà bloqués sur un transatlantique, surveillés par un cerbère, à l’occasion de notre trentième anniversaire de mariage ! Elle n’a rien voulu savoir. Elle avait choisi sa date de départ, nous ferions la fête aux States. J’enrage.
Ils sont là, épaule contre épaule, accoudés au bastingage. Il me vient une drôle d’idée : l’attirer sur le pont, seule un soir. Une poussée dans son dos et hop, par-dessus bord, belle-maman ! Après tout, puisqu’elle est convaincue que sa dernière heure est proche…Charles se retourne, m’aperçoit, me sourit. Illusion d’optique ? Je jurerais qu’il m’adresse un clin d’œil… complice.
Posté le 20.07.2010 à 19:56
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Retrouvailles en chansons
— Ça alors, quelle surprise ! C’est bien toi, Jérôme ?
— Oui, c’est moi Jérôme, non je n’ai pas changé…
— Je pensais ne jamais te revoir. Après cette fuite, avec cette fille, belle, belle, belle comme le jour…
— Eh oui, elle descendait là-bas dans le midi, je l’ai suivie, ce lundi au soleil…
— Alors raconte, comment ça s’est passé… est-ce que ça a marché ?
— Tu parles ! Un beau roman, une belle histoire ? Foutaises ! Un beau jour, elle m’a dit d’aller siffler là-haut sur la colline, de l’attendre avec un petit bouquet d’églantines…
— Et elle n’est jamais venue ? Femmes, femmes, femmes, bien fol qui s’y fie!
— À qui le dis-tu ! J’ai eu beau crier, crier Aline pour qu’elle revienne, elle n’a jamais repointé son nez. Envolée, sans doute avec ce gars qui portait des culottes, des bottes de moto, un habitué de la discothèque le Manhattant Kaboul ! Depuis, femmes je vous aime, c‘est une expression que j’ai rayée définitivement de mon vocabulaire.
— Mon pauvre Jérôme, alors que deviens-tu ?
— Ma foi, bien triste, j’ai téléphoné à ma mère : « Fais du feu dans la cheminée, je reviens chez nous. » Tu parles, si elle était aux anges, ma mère !
— Je comprends. Je me souviens quand tu lui clamais « Maman, tu es la plus belle du monde… »
— Et j’ai repris l’affaire de mon père. Tu le connais mon père : dolent, aujourd’hui peut-être, ou alors demain. Alors que moi, je suis l’plombier, bier, bier bier, bier, j’ai un beau métier ! Assez parlé de moi. Toi, quoi de neuf ?
— Comme d’habitude, rien de bien original. Capri, c’est fini. Plus rien à faire là-bas. Quelques virées dans le port d’Amsterdam. Et le reste du temps, la solitude, mais pour avoir si souvent dormi avec elle, je m’en suis fait presque une amie, une douce habitude…
— Attends, ta femme, la grande Zoa,ne me dis-pas qu’elle…
— Rassure-toi ! Je ne l’ai pas accompagnée au cimetière. Un soir, j’ai eu le malheur de susurrer «La femme qui est dans mon lit n’a plus vingt ans depuis longtemps ». Elle a fait sa valise dare dare. Depuis, la solitude…
— Non Jeff, t’es pas tout seul ! Je suis là maintenant. On va se serrer les coudes. Les copains d’abord, pas vrai ? Et comme autrefois, le vent nous portera.
— Tu as raison. Sûr, tu ne vas pas repartir ?
— Jamais de la vie. À quoi bon ? D’ailleurs, il paraît qu’il pleut sur Nantes, qu’il neige sur le lac Majeur. Restons donc chez nous. Mon Dieu que la montagne est belle, dire que je ne m’en souvenais plus. J’ai la mémoire qui flanche, tu crois ?
— Penses-tu ! Mon petit bout de terrain, ça te rappelle quelque chose ?
— Là où tu m’emmenais rendre visite à ton amie la rose, admirer les magnolias ? ?
— Tout juste ! Maintenant, c’est un jardin extraordinaire, il y a des canards qui parlent anglais !
— Au fait, tu avais bien un cheval ?
— Il s’appelait Stewball, c’était un cheval blanc… Il est mort de vieillesse. J’ai pleuré, pleuré, j’avais tant de peine.
— Ah ! Mon Jeff, ces retrouvailles, c’est extra ! Allez, viens boire un p’tit coup à la maison.
— Non, mon vieux, allons plutôt chez Laurette ! Et comme autrefois, on en repartira guillerets, bras-dessus, bras-dessous, en chantant : « J’ai bien mangé et j’ai bien bu, j’ai la peau du ventre bien tendue, merci petit Jésus… »

Posté le 19.05.2010 à 18:50
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Un retour de lecture pour Détestable Antigone, celui de Michèle Obadia-Blandin, auteure;
( J'ai volontairement occulté certains noms... pour conserver le suspense!)
Pour parler de ton livre, je ne l'ai pas lu, je l'ai englouti... à une vitesse vertigineuse. J'ai a-do-ré. Bien sûr, j'y ai retrouvé l'ambiance de MDA. Il m'a semblé reconnaître en Antigone un hybride entre ……….. (que j'avais rencontrée une fois au festival du livre de Nice et qui m'avait paru puante, emmiellante...) et …………avec qui j'avais entretenu d'assez bonnes relations (j'ai peut-être été l'une des rares à l'avoir fait ;-) !!!!).
Pour ma part, il m'a semblé me reconnaître un peu en…….. Si tel est le cas, je suis flattée car c'est un beau personnage, noble et réservé. J'ai craint un instant d'être Latraviata (alias Sylviane en raison de la ratatouille et des bonnes relations entretenues avec Antigone...). J'ai bien sûr reconnu ………. en Loïc Kermaria. Il se taille "la part de l'ours", si j'ose dire dans ce polar bien mené. Même si je me doutais un peu de la fin, j'ai apprécié le récit, la finesse (et l'humour) avec lesquels tu décris cette histoire. Si Nadira est à l'évidence ………..(on y retrouve bien son humour et sa personnalité), je n'ai pas réussi à définir qui était Lareinette ni Tanita………. Et bien sûr, je n'ai aucun doute, tu es……...
Je ne vais pas être très originale en te disant qu'une suite sera la bienvenue. Le personnage de la soeur (Emilie) pourrait y jouer un rôle important et pourquoi pas inattendu... Après tout…………..elle n’est peut-être pas aussi lisse et policée que la fin de roman semble le montrer...
Quoi qu'il en soit, j'ai aimé beaucoup beaucoup beaucoup. J'en redemande.
Détestable Antigone, roman, publié aux Éditions Laura Mare est sorti le le 5 juin. 2010
Pour le découvrir :
http://www.laura mare.fr
http://www.editions.lauramare.com
Il sera en vente en librairie, sur les sites FNAC, Chapitre.com, Amazon et évidemment le site de la maison d’édition où l’on peut déjà passer une précommande.
Possibilité d’avoir un exemplaire dédicacé en s’adressant à l’auteure.

Mise en bouche...
— Au secours ! Le hurlement stoppa net les conversations qui allaient bon train dans la salle à manger.
— Pas de panique, encore une araignée ! Elle nous a déjà fait le coup hier après-midi ! gloussa Lareinette, en prélevant un deuxième croissant dans la corbeille.
— Vous n’y êtes pas ! C’est l’abominable satyre du Languedoc-Roussillon qui se promène dans le plus simple appareil ! renchérit Latraviata, en reposant le pot de confiture de fraises.
Mais les cuillères se figèrent dans les bols de café lorsque Maxi apparut sur le palier du premier étage, livide, prête à défaillir. Kermaria se précipita pour la soutenir de ses bras puissants et l’installa sur le canapé. On fit cercle autour d’elle, empreints d’une sourde inquiétude, aucun de nous n’osant se hasarder à la questionner. Les yeux hagards, la bouche tremblante, elle finit par murmurer :
— Antigone… Antigone… elle a dû avoir un malaise cette nuit, on dirait qu’elle est…
Sa voix se brisa net dans un sanglot.
— C’est une plaisanterie, lança Latraviata !
— J’ai l’air de plaisanter ? souffla Maxi. Je l’ai trouvée… dans son lit… aussi blanche que la taie d’oreiller et… glacée.
Elle refoula un nouveau sanglot :
— Je vous jure qu’elle ne respire plus. Allez voir ! Je suis incapable d’y retourner. C’est trop horrible…
Kermaria, le seul homme de la maison, se dévoua pour cette triste mission. Sa mine consternée, son hochement de tête à son retour ne nous laissèrent aucun doute. Antigone n’était plus de ce monde.
— Eh bien, elle aura fini de nous faire suer, celle-là ! fus-je sur le point de lâcher. Je parvins toutefois à retenir ces mots vengeurs tandis qu’un soupçon du rouge de la honte me montait au front.
C’est vrai que je vouais au détestable personnage une haine féroce et que la réciproque était évidente. Mina, Nadira, Chambord et bien d’autres, avaient eux aussi fait les frais de sa langue de vipère. Mais de là à me réjouir de sa mort…
Latraviata et Lareinette, se tenant par la main pour se donner du courage, s’acheminèrent à leur tour vers la chambre du premier étage. Je n’en avais ni le cœur ni l’envie. Je me laissai tomber aux côtés de Maxi, toujours frissonnante, et entourai ses épaules de mon bras. Les deux "L" redescendirent quelques minutes plus tard, vertes comme des granny-smith. Un lourd silence s’installa, rompu un instant par Kermaria qui proposa d’aller refaire du café pour tout le monde avant de disparaître dans la cuisine.
Cette rencontre d’internautes que nous souhaitions depuis si longtemps et qu’il avait enfin été possible de mettre sur pied, prenait dès le deuxième jour, un tour bien inattendu.
Premiers retours de lecture
Celui de Jérôme Cayla, chroniqueur. (17 juin, sur Facebook.)
Il y a les adorables emmerdeuses, et il y a Antigone…
Chacun de nous connait une de ces bonnes femmes qui envahissent tout l'espace qu'elles fréquentent, ce sont des plaies, souvent des "ex jolies"...
Elle cultive l'art de pousser à bout en se faisant accepter pour quelque supposée mélancolie, ou prérogative, qui justifie la condition d'emmerdeuse l'auréolant. Elle sait aussi admirablement jouer de la patience des autres, de leur courtoisie, de leur convivialité ; ainsi chacun la prend "en charge" malgré tout.
Heureusement qu'il y a aussi les amis vrais, fidèles d'entre tous, chacun prenant à sa façon une part de ce fardeau commun.
Un cercle d'amis est généralement représentatif de la population dans sa diversité…
Des cercles d'amis, il en existe de toutes sortes. Avec l'apparition de la bulle Internet, ils ont explosé. Désormais fleurissent les pseudos derrière lesquels chaque individu peut s'inventer une nouvelle vie et "rencontrer des amis". Certain poussent jusqu'à faire des rencontres réelles, afin d'encore mieux partager cette amitié, de la concrétiser par un lien physique. Un groupe se constitue alors, avec ses affections et ses inimitiés, ses sourires et ses grincements la vie reprend ses droits…
Évidemment, on n'aura pas oublié que l'emmerdeuse s'est invitée et que chacun sert ce qu'il peut pour ne pas gâcher cette occasion tant espérée, nul ne veut que ces instants soient entachés par une brouille. La peste s'en donne alors à cœur joie, elle a le champ libre, l'horizon est vierge de tout nuage…
Le week-end se doit d'être réussi !
Mais alors, se pourrait-il que la cocotte fasse encore mieux pour salir la bonne entente entre tous ? Elle n'est pas en reste d'idées, mille opportunités se présenteront, mais elle trouvera inévitablement bien mieux…, vraiment ..!


Posté le 05.05.2010 à 13:11
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Je me souviens...
Je me souviens de notre petit appartement de la rue Charles de Gaulle. Nous partagions la même chambre, le même grand lit où nous mêlions nos fous-rires, nos petits secrets, nos querelles de gamines et d’adolescentes jusqu’à ce que le grand frère, derrière le rideau qui abritait son divan, nous crie de faire silence parce que lui se levait tôt pour aller travailler le lendemain.
Je me souviens de ces dimanches après-midi au Foyer des Jeunes en compagnie de nos copines de l’immeuble d’en face. Nous en avons vu des films de toutes sortes, des péplums, des westerns, des sagas sentimentales. C’est grâce à elle que j’ai appris à aimer le cinéma. Quels beaux dimanches !
Je me souviens comme elle était fière des succès scolaires de sa petite sœur! Elle me récompensait en m’emmenant en vacances (Chamonix, l’Espagne), au spectacle, à des soirées dansantes avec sa bande de copains et copines qui m’acceptaient comme une des leurs.
Je me souviens combien j’ai été heureuse de revenir d’Angleterre pour être demoiselle d’honneur à son mariage! Elle était une si belle mariée, fragile, comme effrayée par ce nouveau bonheur, mais radieuse.
La vie nous a un peu éloignées mais nous ne manquions jamais un Noël, un premier janvier ensemble. Nous n’avions pas l’habitude des grands mots, des grandes démonstrations. Nous avions été élevés comme ça, nous quatre qui ne restons aujourd’hui plus que deux. Nous nous aimions fort, nous le savions sans avoir besoin de nous le dire.
J’enrage aujourd’hui d’avoir le sentiment que c’est au moment où nous étions en train de resserrer nos liens que le sort me sépare d’elle pour toujours. Nos préoccupations de grand-mère nous avaient tellement rapprochées. Nous étions intarissables sur les prouesses, les petits malheurs de nos chérubins respectifs. La progression de sa maladie aussi m’a rendue plus attentive. Je ne voulais pas y croire. Pas elle, si forte ! Elle allait gagner la bataille.
Nous avions encore tant de choses à partager. Elle a préféré s’en aller entourée seulement de ses filles et de son mari. J’aurais souhaité prendre ma part de ses souffrances, l’accompagner aussi longtemps que possible. Je ne lui en veux pas, j’ai compris son vœu et je l’ai respecté. Je garderai d’elle les plus belles des images, les plus vraies, celles de son élégance, de son dynamisme, de ses coups de gueule alternant avec les sourires et les rires. (C’est comme ça que nous l’aimions).
Nous avions encore beaucoup de choses à partager, à nous dire, toutes les deux. Je les écrirai, je les lui murmurerai. Mes mots parviendront-ils jusqu’à elle ? J’en doute, hélas. Ce n’est qu’à moi qu’ils feront du bien. Ce n’est pas juste !
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