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Conte d'aujourd'hui
Posté le 02.07.2007 à 11:01

 
Conte d’aujourd’hui
 
C’était un beau roman, une belle histoire, une romance d’autrefois qui se termine aujourd’hui tristement dans le brouillard. Elle a eu  pour cadre le petit royaume de Saussialie, à deux pas de chez nous.  À sa tête régnait le roi Benoît, heureusement secondé par la reine Madeleine. Tous deux se connaissaient depuis leurs vingt ans, avaient fait les mêmes études, partageaient les mêmes valeurs, le même souci du bien être de leur sujets. Benoît était considéré comme un bon souverain. Madeleine avait su concilier ses multiples engagements avec une existence de femme aimante et de mère attentive. Quatre beaux enfants étaient venus agrandir la famille au sein de laquelle, aux yeux de leurs proches, à savoir leurs nombreux courtisans et conseillers, régnait un bonheur sans nuage.  Las, la cinquantaine venue, les enfants élevés, on ne sait quelle mouche vint piquer la reine Madeleine chez qui grandit jour à près jour une ambition démesurée. Il apparut clairement que la coquine souhaitait s’emparer du pouvoir, détrôner son époux. Benoît,  placide, s’efforçait d’ignorer les curieuses sautes d’humeur de sa compagne. Lui offrait-il  une rose rouge – de celles qu’elle avait toujours aimées, comme lui – elle l’écrasait rageusement au sol, réclamant des fleurs bleues, pour changer.   Des bruits commencèrent à courir. Madeleine, soudain coquette, relookée à la manière d’un top model, aurait pris pour amant le jeune comte Alain Descenbourg. Benoît, dont les bonnes grosses joues colorées commençaient à pâlir, las de déambuler en  solitaire dans les couloirs du palais aurait trouvé consolation dans le lit d’une journaliste. Les soupçons s’installèrent, se confirmèrent, les querelles se multiplièrent. Après une soirée de discussions qui les laissa tous deux exténués, le couple décida de se  séparer. L’entourage fut frappé de consternation.
Il faut savoir qu’en Saussialie, le souverain est traditionnellement élu par les courtisans. S’il ne commet pas d’énormes bévues, il peut rester sur le trône dix ans, voire plus. La mésentente de Madeleine et de Benoît, tant au plan affectif qu’à celui de l’exercice du pouvoir donna à réfléchir à la cour. Toutes ces prises de position contradictoires, par médias interposés, cela faisait vraiment désordre vis-à-vis du peuple, sans parler des pays étrangers auprès desquels la Saussialie risquait de perdre de sa crédibilité. De plus, un des enfants n’avait-il pas ouvertement pris fait et cause pour sa mère ? C’en était trop ! Il était clair qu’il fallait organiser des élections et faire le BON choix. Les candidats ne manquaient pas, le comte Cassius et le baron Dehescats, entre autres,  lorgnaient depuis longtemps la place. Mais il importait d’éviter  à tout prix le renouvellement de ces fâcheuses rivalités familiales.  Il n’y avait pas trente-six solutions, on n’allait tout de même pas mettre un ecclésiastique à la tête du pays ! C’est ainsi qu’à l’issue du vote des courtisans, Madeleine, furieuse et Benoît, marri, n’obtinrent aucune voix et que le baron Bernard Dunoé s’installa sur le trône de la Saussialie. Affaire à suivre.
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