Posté le 27.04.2009 à 12:08
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Les manants de Calais
On a mobilisé des hélicoptères, des hommes en armes, des chiens pour une chasse de grande envergure. Qui fallait-il traquer ? Des animaux dangereux, une bande de criminels redoutés pour leur violence ? Juste de pauvres gens fatigués, affamés dont le seul crime est de vouloir échapper à la misère et la violence de leur pays d’origine et de ne pas posséder de titre de séjour en bonne et due et forme. Les avez-vous vus, assis à terre, hommes, femmes, enfants humiliés, tenus en respect par les représentants de l’ordre ?
C’est pour leur bien que cette opération a été menée chante le ministre préposé à l’immigration. Ce n’est pas à eux que l’on en veut, c’est à ces escrocs de passeurs qui leur font miroiter l’eldorado. D’ailleurs, on en a arrêté des passeurs, dix. Est-il permis de rire ? Veut-on nous faire croire que les passeurs se cachent dans les environs de Calais au milieu de ces malheureux clandestins à qui de courageux bénévoles apportent nourriture et soutien ?
Qu’on ne s’y trompe pas ! Deux jours après cette vaste chasse à courre des temps modernes, le même ministre déclare qu’il faut démanteler cette « jungle » du nord-est de Calais, tout comme il annoncerait qu’il faut déclencher une vaste opération de nettoyage des détritus.
Il y a des jours où sincèrement je ne reconnais plus mon pays et où le rouge de la honte me monte au front.



Posté le 11.04.2009 à 18:09
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Je n’ai pas pu résister à regarder l’arrivée en direct d’Obama et Michelle à l’aéroport de Strasbourg. Je n’y peux rien, j’ai un vrai coup de foudre pour Barack.
Passons, rebelote, le lendemain matin avec la cérémonie à Kehl. Mais là je me suis vraiment amusée à décrypter ce que pouvaient bien se raconter le Président des États-Unis et Le Président de la République française, qui colle aux basques de son homologue américain comme un toutou.
Petit Nico (regard étonné levé vers son compagnon) :
— Mince, Barack, elle est chouette ta cravate rose à rayures !
Grand Barack (posant un bras protecteur sur l’épaule du nain) :
— Merci! C’est Michelle qui me l’a choisie.
Petit Nico, regard affolé :
— T’es sûr qu’elle fait pas un peu triste, ma cravate noire ?
Grand Barack (bras protecteur à nouveau posé sur l’épaule du petit) :
— Mais non, mais non, c’est une très jolie couleur, le noir !
Petit Nico (l’air grognon) :
— Tout de même, je crois que Carlita s’est plantée cette fois ! J’aurais pas dû l’écouter. Moi aussi, j’en ai des belles cravates en couleur ! Du coup, j’suis pas à l’aise.
Grand Barack (éclatant de rire) :
— T’inquiète, Nick, on est pas là pour un défilé de mode ! Et le premier qui dit un mot sur ta cravate, je lui mets la tête au carré ! OK ?
Grank Barack se casse en deux, Petit Nico se dresse sur ses talonnettes. Ils échangent une accolade. Tout va pour le mieux.



Posté le 25.03.2009 à 18:40
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Après le bourreau des landes, Alain Emery récidive avec une nouvelle enquête du capitaine Fabre et de son équipe.
Un excellent roman policier avec en toile de fond la Bretagne, d’Erquy à Saint-Malo en passant par Plancoët. Un auteur qui excelle tant à créer le suspense en multipliant les pistes, qu’à dresser des portraits de personnages hauts en couleur.
Le Clan des ogres Astoure edition. En vente chez tous les bons distributeurs.

Posté le 05.03.2009 à 10:23
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Le parapluie
Il pleuvait fort dans la grand-rue. Elle cheminait, pauvrette, sans parapluie. Et elle avait peu de chance d’en trouver un, parce qu’il était plus de 19h, que toutes les boutiques étaient fermées, et que par ce triste soir d’automne aussi glacé qu’une nuit d’hiver, les pèlerins restaient calfeutrés chez eux.
J’en avais un, moi, de riflard, un grand à rayures vertes et rouges, sûrement un cadeau publicitaire de chez Yves Rocket que la Jeanne m’avait obligé à emporter avec moi. Acheter un truc pareil, c’était pas du tout mon genre ! Mais ce soir, je n’étais pas mécontent que ma Jeanne – qui me maternait comme un môme vu que j’avais la moitié de son âge et qui n’était pas trop exigeante question fidélité – me l’ait collé d’autorité entre les paluches, son pébroque de foire !
Je pressai l’allure. On approchait du bar « À la Clairefontaine » qui avait l’air d’être ouvert, lui. Parlez d’un nom pour un troquet, à vous dégoûter de vous en jeter un derrière la cravate ! Fallait pas qu’il lui prenne envie de s’y réfugier, à la petite demoiselle! Je courus donc à sa rescousse, lui murmurant à l’oreille : « On dirait que j’ai rendez-vous avec vous. ». Il faut vous avouer qu’à force de voir sa paire de fesses emprisonnée dans sa minijupe trempée se dandiner devant moi, je n’y tenais plus ! Elle m’avait dépassé, quelques minutes plus tôt, et à la lueur d’un réverbère j’avais pu apercevoir son minois rose et mutin et des mèches blondes qui dégoulinaient de chaque côté de ses joues, comme de grosses larmes dorées. Heureusement que d’un air très doux elle m’a dit oui, sinon j’aurais frôlé la dépression. Je la laissai glisser son bras sous le mien et me guider vers son appartement. Nous tortillions tous deux du popotin. Vous dites ? Moi aussi ? … du popotin ? Et alors, ça me permettait de frotter le mien contre le sien ! « Il suffit de passer le pont me susurra-t-elle et nous y serons. »
Lorsqu’elle me précéda dans un petit studio au rez de chaussée d’une vieille bâtisse et me proposa un verre, je n’avais aucune raison de refuser, aucune intention surtout. Elle avait vraiment le visage d’un ange. Elle me demanda quelques instants pour aller sécher l’eau de sa frimousse. Lorsqu’elle reparut, vêtue d’un kimono d’étoffe soyeuse ornée de papillons chatoyants, coiffée d’une énorme perruque noire piquée d'aiguilles à tricoter, je n’en crus pas mes yeux. Si elle voulait me jouer un remake de madame Chrysanthème, j’étais mal loti ! Elle n’avait plus rien de commun avec la créature fragile et tendre que je pistais sous la pluie. Mais quand elle dénoua la ceinture du kimono et se blottit contre moi, toute chaude, je ne tardai pas à être prêt pour la chasse aux papillons. J’allais abattre mon filet lorsque la porte s’ouvrit brusquement sur un grand gaillard aussi velu qu’un poilu de 14-18, la mine sinistre, armé d’une batte de base-ball. Ma réaction fut immédiate. Le pantalon à mi-jambes, la chemise déboutonnée, d’un bond je passai par la fenêtre et ne pus m’empêcher de hurler comme un con : « Gare au gorille ! »



Posté le 01.02.2009 à 18:12
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Les prédateurs font toujours face au courant
de Jean-Louis Nogaro
Dans ce roman policier situé en Gascogne, on retrouve avec plaisir le capitaine Séverine, héros de Un bon flic c’est comme de la soie et de Saint- Etienne Santiago. Il est ici en congé, censé se reposer dans sa région d’origine. Toutefois son repos sera compromis puisque le hasard va le mêler à une intrigue complexe qu’il n’aura de cesse de démêler. Complexe en effet car s’y confrontent un adolescent à problèmes, un curieux justicier qui s’efforce à sa manière de rectifier les errements de la justice officielle et un groupe de militants de la cause basque. Compliquée, difficile à suivre cette intrigue diront certains. C’est qu’ils n’ont pas lu de façon assez attentive ou alors qu’ils aiment qu’on leur serve du tout cuit. Parce qu’il est malin, le Nogaro, il a bien préparé son affaire, il a semé au fil des chapitres des petits indices qui font que le lecteur un tantinet futé fait sans trop de mal le lien entre les différentes pièces du puzzle. Et c’est bien ce qu’aime faire l’amateur de polars, n’est-ce pas ? Bref, un bonheur de construction, une intrigue fertile en rebondissements (même le dénouement ouvre une nouvelle perspective !), et pour envelopper le tout l’écriture alerte de Jean-Louis Nogaro et sa pointe d’humour représentée dans cette histoire par l’inénarrable couple Galoubet.
Editions Pietra Liuzzo
