Faire partager mes textes, mes coups de
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Posté le 15.04.2008 à 13:35
 
 
Voilà que nos instances dirigeantes débusquent enfin ces irresponsables qui contribuent à creuser le déficit des finances de l’État.
Malades, vous êtes coupables de trop vous écouter, vous bichonner. Vous n’avez pas honte d’aller chez le médecin pour un oui pour un non, de vous faire prescrire des médicaments comme des bonbons, des analyses en veux-tu en voilà ? Vous allez payer une franchise, ça vous apprendra à être raisonnables !
 Vous qui portez des lunettes, faudrait pas abuser quand même ! 70% de la population ? C’est à croire que certains se collent des bésicles sur le nez juste pour faire joli ou avoir l’air intello. Eh bien, pour les lunettes, produit de luxe, généreusement remboursé par la sécurité sociale (je plaisante, of course !), binoclards, débrouillez-vous avec votre mutuelle. C’est la dernière idée géniale de Roselyne. Et si vous ne pouvez pas vous payer une mutuelle, moi, je vous donne un tuyau : on trouve des loupes dans les solderies à 2 euros !
Vous qui êtes à 100% pour une affection chronique et sévère, soyez sur vos gardes ! Ce 100% a souvent été accordé avec « complaisance » vient de décréter Roselyne, encore elle, qui, ma foi, a l’air de péter la santé ! On va mettre de l’ordre dans tout ça. Haro sur les 100% ! Bientôt grands insuffisants rénaux, on va peut-être vous demander de payer de votre poche vos séances de dialyse !
Handicapés, vous vous êtes déjà mobilisés parce que vous percevez une allocation de misère. Ça ne se fait pas de réclamer ainsi. Attention, d’ici à ce que l’on dise que cette allocation, elle aussi a été attribuée avec « complaisance », il n’y a qu’un petit pas à franchir ! Quant à vous offrir un fauteuil…. Avez-vous vraiment besoin de bouger, de sortir ? Une aide à domicile ? Vu ce que ça coûte, voyez avec votre famille bon sang. Et la solidarité, elles en font quoi vos familles de la solidarité ?
Coupables aussi, les sans emploi, pardon les « chercheurs d’emploi » préfère dire le jeune Wauqiez,  qui se font du lard précisément en ne cherchant pas, en attendant au chaud chez eux en empochant de royales indemnités. Comment comment ? Ils ne veulent pas aller dans le bâtiment, l’hôtellerie ? On s’en fout qu’ils n’y connaissent rien, on veut juste qu’ils disparaissent des fichiers de l’ANPE. Désormais, même s’ils ont deux heures de route pour rejoindre un boulot tout juste payé au SMIC, même s’ils se ruinent en frais d’essence (encore faut-il qu’ils aient un véhicule !), il ne faudra plus refuser d’offre. Y en a marre de les entretenir… et tout est bon pour que les statistiques du chômage baissent !
N’oublions pas ces enseignants grassement payés ( ha ! ha !) qui refusent de faire classe à 45 ou 50 élèves, ces lycéens – non mais de quoi ils se mêlent ces mômes – qui refusent de s’entasser dans des classes surchargées, de préparer un bac pro au rabais en trois ans, ces mères de famille sans coeur qui veulent coller leurs marmots de deux ans à l’école maternelle. Qu’elles paient une nourrice, c’est beaucoup mieux et le petit aura de l’affection !
J’arrête là parce que ma colère m’a donné une migraine épouvantable. J’ose ou je n’ose pas prendre deux Efferalgan ? Je sens le regard accusateur de Roselyne peser sur moi. Mais au fait, je l’ai payée de ma poche cette boîte, donc j’ose !





Posté le 10.04.2008 à 12:39

On pourra me rencontrer ce samedi 12 avril de 15h à 18h à la librairie Cultura de Givors (69) où je présenterai Un Homme de Trôo, roman coécrit avec Jean-Noël Lewandowski. Le roman prend un nouveau départ après son  passage au salon du livre de Paris.



Posté le 30.03.2008 à 12:56
Un texte écrit à partir d'une première phrase imposée.
La course en sac
 
"Des crissements aigus, des sons mats dominaient la terrible rumeur en un écho fractal." Ils étaient une centaine rassemblés autour terrain de tennis violemment éclairé par la lumière crue des projecteurs. L’alcool échauffait les esprits. Encouragements, railleries, injures proférés à mi-voix s’enchaînaient en un sinistre ronronnement troué à intervalles réguliers par les hurlements des plus avinés : « Cours, nullité ! Cours, animal ! ». Parfois un roulement de tambour, un coup de sifflet retentissait lorsque le coureur ralentissait l’allure, faisait mine de s’arrêter pour souffler.
Pierre venait de prendre le départ, propulsé par un solide coup de pied aux fesses d’un des meneurs. Le parcours avait été soigneusement agrémenté de branches épineuses, de caillasses acérées. Pas question de les éviter, de se rapprocher du centre du champ de course où la pelouse était demeurée lisse et vierge de tout obstacle. Au moindre écart, Stéphane, le meneur en chef hurlait la sanction : dix tours de plus ajoutés aux quatre-vingts déjà imposés.
 Un tour, deux tours, quinze tours, Pierre tenait le rythme. Il se remémora les paroles de son père sur le quai de la gare : « Tu verras, les premiers jours seront difficiles, mais tout ira bien après. Crois moi, j’ai de bons souvenirs.  ». Puis il s’efforça de d’évacuer la honte, de se contenter de courir, le regard fixé droit devant lui.  Si seulement il avait pu se boucher les oreilles, ne plus entendre ce bruit de fond angoissant, la voix qui comptait, inexorablement! Il buta sur une branche morte. Des rires montèrent parmi les spectateurs accrochés au grillage. Deux tours plus tard, son pied gauche rencontra un tesson de bouteille. La douleur lui arracha un cri, qui passa inaperçu. Il continua en boitillant, puis à cloche-pied.
Soixante-dix cracha la voix engluée de bière et de fumée du préposé au haut parleur. Si près du but, il n’allait pas flancher. Il banda ses muscles, sa volonté. Échapper aux corvées humiliantes, ne pas faire partie de la clique des esclaves des anciens, pouvoir étudier en paix, être accepté à part entière, c’étaient les enjeux de l’épreuve. Il ne pouvait pas se permettre d’échouer, comme Sylvain qui s’était écroulé à quarante tours, que l’on avait évacué dans la brouette ambulance, sous les huées.
 Minuit sonnait dans la villa où monsieur le directeur – qui savait évidemment mais tolérait – dormait du sommeil du juste lorsque Pierre termina son dernier tour et tomba à genoux devant le grand meneur.  La sueur dégoulinait de son corps nu. Des filets de sang s’échappaient de ses pieds. Deux anciens le relevèrent, le débarrassèrent du sac de jute qu’on lui avait jeté sur les épaules avant le départ et noué autour du cou avec une méchante ficelle. Ils lui passèrent le long tee-shirt aux couleurs de la prestigieuse Grande École des Techniques Avancées. Le sac s’en alla vêtir le prochain concurrent.   « Tu es des nôtres, prononça solennellement Stéphane en lui décochant une bourrade. Intégration réussie. Bois un coup ! Et au suivant. »





Posté le 12.03.2008 à 12:48

 

Je serai présente au salon du livre de Paris le vendredi 14 mars de 10h à 19h avec les éditions PLE (Pietra Liuzzo éditions) stand E12, où j'aurai le plaisir de présenter Un Homme de Trôo, roman coécrit avec Jean-Noël Lewandowski.





Posté le 03.03.2008 à 19:46
En traversant le jardin des Utopies
Pour rentrer chez moi – j'habite en centre ville – il m'arrive de traverser un beau jardin public baptisé par notre municipalité Jardin des Utopies. Je ne saurais vous dire pourquoi. Peut-être parce que cela relevait de l’utopie d’y placer en plein air des statues africaines qui, magnifiques lorsqu’elles étaient neuves – je pensais qu’elles étaient en bronze ! –, sont en train de se transformer en grandes tiges de papier mâché. Peut-être parce que pas mal de collégiens et lycéens y viennent deux par deux y rêver à l’avenir… entre autres choses –
Bref, cet après-midi-là, alors que revenant d' une grande surface qui fêtait son anniversaire à grands coups de promos et de tickets à gratter – je n'ai rien gagné – je remarquais combien la végétation s'était étoffée – ledit jardin n'a que deux ans d'âge – j'admirais les arbrisseaux déjà parés de leurs couleurs automnales, mélanges d'orange, de rouge et d'or, voilà que tout à coup j'aperçois une paire de jambes dépassant d'un massif touffu. Jeans, baskets, rien ne semble frémir. Mon dieu, me dis-je, un brave garçon a pris un malaise ! J'envisage même une agression : Crime aux Jardin des Utopies, à la une du canard local du lendemain matin ! Ce que c'est que de dévorer des polars ! Je m'approche ... pour découvrir un corps d'ado bel et bien en vie, allongé sur celui d'une demoiselle qui m'avait tout l'air de frétiller d'aise. "Faut pas s'gêner", ai-je murmuré en étouffant de rire. J'ai repris ma route, incapable de réprimer mon hilarité. Ceux qui m'ont croisée vers 17h30 ce jour-là ont dû me prendre pour une illuminée !





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