Posté le 19.02.2008 à 14:41
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Quelques choses que je sais de moi … et que vous auriez peut-être envie de savoir…
Date et lieu de naissance : 6 mars…. À Saint-Étienne, donc poisson, mais un poisson qui a peur de l’eau !
Situation de famille : mariée, deux filles et une fois grand-mère depuis le 15 août 2006.
Profession : retraitée.
Ancien cadre administratif, je remercie l’Éducation nationale de m'avoir donné l’opportunité de me familiariser avec le traitement de texte et Internet. Pour quoi d’autre pourrais-je la remercier ? Mon salaire, ma retraite ? Ç’aurait pu être beaucoup mieux ! M’avoir fait voyager sans que je ne demande rien ? Ma foi, passons sur le Doubs où l’ambiance était à mourir (et pas de plaisir, comme le chantait Herbert Léonard !) mais Rouen, c’était pas si mal et j’espère bien aller la revoir un jour, ma Normandie. Bon, c’est fini tout ça ! L’heure de la retraite m’a rattrapée. Que c’était bien de m'en aller les mains pleines de cadeaux (de mes bons collègues, évidemment) en me payant le culot d’un discours en chansons pour régler quelques comptes avec ma hiérarchie. (à lire sur ce blog !)
Que l’on ne me dise pas que je suis vieille… Il m’arrive d’avoir quinze ans d’âge mental !
Où je vis : à Saint- Etienne, ma pauvre ville que je ne reconnais plus. Elle est devenue belle, dit-on, design, fleurie (les cimetières aussi sont fleuris!) mais elle est triste parce que les emplois s’y font rares et que la jeunesse s’expatrie.
Depuis quand j’écris, comment m’est venue cette passion ? C’est la question bateau. Ma réponse ne le sera pas. Lectrice vorace depuis l’enfance, abonnée aux rédactions, dissertations à rallonge, oui j’ai aimé très tôt écrire mais le travail, les enfants, les soucis m’ont amenée à tirer un trait sur cette passion pendant de longues années. Peu avant la cinquantaine, c’est la musique qui m’a fait signe. À force d’accompagner mes filles à leur cours d’orgue, de les voir s’éclater à la maison sur leur instrument, les mains m’ont démangé. Toute cette culture théorique que j’avais emmagasinée dans ma jeunesse, c’était peut-être le moment de la mettre en pratique. Je me suis retrouvée inscrite au cours. Et la musique a été un vrai défouloir pour oublier les tensions, le stress du boulot. Une heure de travail tous les soirs, deux à trois le week-end, et quelques spectacles de variétés ! (voir photo dans press-book !) Curieusement, la musique m’a ramenée vers l’écriture : chansons, parodies, pastiches sur des airs connus, et la machine s’est remise en route.
Ce que j’aime en matière de littérature : les bons polars, Mankell en particulier, les histoires pas trop gaies, un brin ancrées dans la réalité d’où mon coup de cœur pour Olivier Adam. J’ai eu ma période « romans du terroir » mais c’est terminé, je ne supporte plus. Enfin, j’aurai l’occasion de parler sur ce blog des livres que j’ai aimés et qui ne sont pas nécessairement des têtes de gondoles.
Comment je m’occupe ? Bonne question, parce que je ne vois pas le temps passer.
*J’écris, évidemment, et ça prend du temps parce que je suis du genre à biffer, modifier, reprendre sans arrêt. Jamais satisfaite.
*Je fais un peu de musique : mais j’avoue délaisser mon clavier depuis pas mal de temps.
*Je marche, parce que c’est souvent en marchant au hasard, en faisant du lèche-vitrines que j’écris « dans ma tête. » Mais attention, citadine à 100%, je ne me plais pas à la campagne. Au bout d’une journée, j’angoisse.
*Je voyage ? Pas assez. Mes destinations préférées ? Paris parce que je rêve d’y vivre (mais je n’en ai pas les moyens), parce que je ne m’y ennuie jamais, parce que la capitale m’a pris mes grandes filles et qu’il faut bien que j’aille les voir de temps en temps pour qu’elles n’oublient pas tout à fait leur p’tite maman. Et puis, maintenant il y a Noé, mon petit-fils, merveille des merveilles ! Marseille, une ville que j’adore, allez savoir pourquoi !
*Je fais du bénévolat au centre social de mon quartier : l’accompagnement scolaire, un vrai moment de plaisir, ce qu’ils peuvent m’apprendre de choses, ces gamins !
*J’administre le forum du Cercle Maux d’Auteurs (association dont je suis devenue l’éminente présidente !) C’est grâce à elle que j’ai enfin osé déployer mes ailes et montrer ce que j’écrivais dans le plus grand secret. Je me balade aussi sur divers sites, blogs et forums amis.
Vous comprendrez qu’il me reste peu de temps pour la cuisine, le repassage, le rangement, la couture, toutes tâches profondément ennuyeuses pour lesquelles je n’ai ni penchant ni don.
Ma carrière d’écrivain : un bien grand mot, encore eût-il fallu que je m’y prisse plus tôt (admirez, puristes !)
J’ai une préférence pour la nouvelle, le texte court. J’écris surtout pour le plaisir immense que cela me procure. Et si je peux faire plaisir à d’autres, mon bonheur est complet.
Je suis toutefois ravie d’avoir réussi à publier deux ouvrages que vous pouvez découvrir à la rubrique « Mes livres » (Elles et Eux, recueil de nouvelles, est toujours en vente chez l’auteure, c'est-à-dire moi, l’Homme de Trôo, roman en coécriture, se commande dans toutes les librairies dignes de ce nom).
Des projets ? Superstitieuse, je n’en parlerai pas !
Pour conclure :
J’essaie de ne pas trop me prendre au sérieux
Je déteste les gens qui se prennent trop au sérieux
Je m’efforce de lutter contre toutes les formes de discrimination.
Il m’arrive de me définir comme un clown triste. Si je ris, si je délire, c’est bien souvent pour masquer des bouffées d’angoisse ou de spleen.
Et ce sera mon dernier mot !
Posté le 18.02.2008 à 17:45
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Cher directeur de la publication
Mon manuscrit, m’avez-vous très poliment répondu par mail, n’a pas suscité chez vous l’élan qui vous aurait fait sauter jusqu’à l’étape publication ? Élan, le mot est de vous, le reste de moi !
Loin de me décourager, cet avis éclairé m’a donné toutes les audaces, notamment celle de récidiver en vous faisant parvenir ce nouveau tapuscrit. Vous ne m'en voudrez pas d'économiser papier, encre et timbres-poste. A la longue, ça finit par grever un budget, ces petites choses. Et puis, je suis si impatiente de vous mettre sous les yeux ma géniale trouvaille!
Lectrice assidue et férue de bonne littérature, je me suis inspirée des meilleures ventes de l’année, plutôt des têtes de gondoles, de ces beaux livres à la couverture en papier glacé ornée de portraits qui attirent l’œil du chaland. Délaissant la nouvelle, j’ai concocté un roman à clés qui, croyez-moi va vous surprendre ! Il se déroule dans les milieux de la télévision. On y retrouve un présentateur breton bien connu pour courir le jupon, mais mon astuce a été de lui prêter une aventure avec Emeline Dalhia, la coquine, qui ne se préoccupe pas que de la météo et de l’avenir de la planète. (J’ai mes sources et Clara Chacal, c'est de la vieille histoire.) En parlant de météo, je n’ai pas oublié Cath Saborde, celle des deux sœurs qui glose en 200 pages sur le bonheur d’être une femme trompée. Rien d’étonnant, moi, je la fais coucher avec Sophie Daprès, et même avec … sa sœur. Vous verrez aussi comme je l’arrange bien monsieur Mimi du dimanche qui clame bien haut qu’il ne prendra jamais sa retraite. Il revient d’une escapade dans le noir, même s’il s’en cache bien, mais la Belayaille a craché le morceau ! Chez moi, ses escapades, il les fait avec Henri Rougemaque, la jeune Pullvert, même le bon Sagloire de la 6 ! Bon, je veux juste vous mettre l’eau à la bouche. Je ne vais pas tout vous dévoiler. Sachez simplement que mon roman à clés (je n’ose pas dire clés d’or) se terminera dans un gigantesque boxon où people télé se mêleront au monde de la politique. Les hôtes seront madame Radicha Dita, l’ombre, la voix de son maître, en Dior ou en Prada, et Roseligne Cachalot qui, pour la circonstance se sera fait faire un string à paillettes sur mesure.
Alors, convenez-en, pas besoin de trampoline, monsieur le directeur de la publication. Je vous vois déjà sauter, bondir dans un grand élan d’enthousiasme sur mon contrat d’édition que moi également, dans un grand élan de joie, j’attraperai au vol !
À vous lire sous peu.
P. S : Je n’ai pas encore trouvé de titre. Mais conjuguant nos élans, nous finirons bien par décrocher le meilleur !

Posté le 15.02.2008 à 14:36
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Ne la laisse pas tomber, elle est si fragile,
C’est une femme libérée, tu sais c’est pas si facile…
Rien de génial, pas plus dans les paroles que dans la musique de cette vieille chanson. Il se trouve que je les ai revus récemment à la télé les Cookie Dingler, bien épaissis, bien marqués par les ans. Et mon cœur a fait tilt, comme chaque fois que le refrain retentissait à l’époque de son succès.
Elle est si fragile… C’était l’impression qu’elle donnait à l’époque, la fluette poupée blonde au teint pâle qui venait passer quelques jours chez nous à la fin de chaque année pendant que ses parents partaient en voyage. Une occasion pour nous de faire plus ample connaissance avec Cathy, mon adorable nièce, que nous ne voyions pas très souvent
Fragile, pas facile à nourrir disait sa mère : c’est un problème, elle n’aime pas grand-chose, elle picore, mais que cela ne vous inquiète pas ! Pas facile de l’emmener en balade ou faire les courses non plus, d’après la maman ! Mais il ne fallait pas que cela nous ennuie : elle n’aime pas marcher, elle déteste aller dans les magasins, elle sera parfaitement heureuse de rester au chaud avec des jouets ou avec un livre.
Fragile ? À la maison, elle se montrait une tornade, une bombe ambulante, une incorrigible bavarde, notre Cathy. Et lorsque l’année de ses six ans, elle grimpa sur une chaise pour nous claironner, déhanchements et jeux de mains à l’appui :
« Ne la laisse pas tomber, elle est si fragile,
C’est une femme libérée, tu sais c’est pas si facile…"
elle fut accueillie par un tonnerre d’applaudissements et de rires étonnés. Pendant tout son séjour, la maison retentit du refrain de l’année – les couplets, c’était beaucoup trop compliqué pour la jeune mémoire de Cathy- qu’elle entonnait à tout moment et qu’il nous arrivait de reprendre en chœur avec elle.
Drôle de petit bout de femme qui se révéla, surtout cette année-là, bien différente chez nous de l’image qu’en donnaient ses parents. Elle aimait tout, avalait tout ce que l’on mettait dans son assiette, pressée de retourner à ses jeux, à son dessin animé à la télé. Le soir du 31 décembre, elle dégusta son saumon, son foie gras, sa bûche glacée, les yeux brillants de plaisir. J’osai lui proposer quelques pâtes de fruits et chocolats. C’était fête, tout de même ! Elle les savoura religieusement: maman, en donnait rarement, pour ainsi dire jamais, parce que c’était trop sucré, mauvais pour la santé et pour les dents !
Cathy se comporta chez nous en petite bonne femme libérée. Elle ne tenait pas en place, tyrannisait gentiment ses cousines plus âgées. Il fallait jouer à l’école, sans arrêt, et évidemment, c’était elle qui s’érigeait en maîtresse, distribuait les exercices, les punitions. Lorsque mes filles, épuisées, proposèrent que l’on aille faire un tour au centre commercial parce que jouer avec Cathy, ça commençait à les gonfler, je m’inquiétai : est-ce que cette sortie lui ferait plaisir ? Elle battit des mains, entonna sa rengaine et enfila à toute allure sa parka ornée d’un Mickey dans le dos par-dessus son jean délavé, troué aux genoux – c’était la mode –, qui avait bien du mal à tenir sans ceinture. Et ce ne fut pas facile de canaliser la fièvre acheteuse de Cathy que nous perdîmes une dizaine de fois au rayon vêtements d’un grand magasin. La puce faisait preuve d’une prodigieuse facilité à disparaître derrière les portants garnis de fanfreluches. Tout l’intéressait, en particulier les robes, elle dont les frêles gambettes étaient toujours cachées dans les jambes de jeans ou de salopettes de velours. Il fallut faire un tour par les cabines d’essayage et Cathy revint à la maison heureuse comme une reine, portant son précieux sac contenant deux mini jupes et un collant fantaisie qu’en femme libérée, elle tenait à me rembourser avec son argent de poche. J’eus bien du mal à les lui faire accepter en cadeau ! Les cousines, elles, s’enfermèrent dans leur chambre, furieuses d’avoir passé leur temps à courir à la recherche de la petite enquiquineuse et d’être revenues à la maison les mains vides. Vivre avec Cathy, pour elles, ça n’était pas toujours si facile…
Cathy… Elle a bien grandi, elle a toujours ce physique un peu fragile de mince poupée blonde au teint de lait. Elle est belle, lumineuse, amoureuse. Elle a mis toute son énergie à réaliser son rêve de fillette. Pas brillante scolairement, mais tellement motivée, elle est parvenue à réaliser son rêve d’enfant, devenir maîtresse d’école. Elle s’épanouit dans ce métier et ça, c’est pas si facile aujourd’hui ! Elle a aussi trouvé l’amour auprès d’un solide gaillard, large d’épaules. Le jour de son mariage, en la contemplant, debout, rayonnante aux côtés du grand garçon qui la couvait du regard, j’ai presque eu envie de lui susurrer… au marié :
"Ne la laisse pas tomber, elle est si fragile,
C’est une femme libérée, tu sais c’est pas si facile…"

Posté le 03.02.2008 à 19:36
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J’arrive, tendue, l’estomac serré, je n’aime pas trop m’exposer. La table est prête, recouverte d’une nappe noire à dessins blancs. Bouteille d’eau, gobelet, comme si j’allais donner une conférence ! Manque juste la provision de livres. Évidemment, j’ai une demi-heure d’avance ! Je me présente au rayon livres, accueil chaleureux. Thierry, mon « contact », pointe son nez, sourire aux lèvres, me conduit dans son bureau où nous devisons quelques instants. À 15 h, les exemplaires de Un Homme de Trôo sont disposés sur la table. Jusqu’à seize heures, calme plat. La famille, les amis, ça fait belle lurette qu’ils l’ont eu leur exemplaire dédicacé, ils ne vont pas encore se pointer pour prendre un bain de foule ! Quoi que, tout bien considéré, je ne vois pas passer grand monde dans le magasin : fin janvier, trop près des fêtes, fin de mois difficile, ou bien ils sont tous aux soldes de fringues ? Enfin, une élégante dame aux yeux un peu trop charbonneux à mon goût s’approche. Ce qui l’intéresse, ce n’est pas vraiment le livre, c’est l’expérience de coécriture. Elle n’écrit pas, elle, elle peint, depuis toujours, et elle envisage de s’associer avec un ami sculpteur pour un projet artistique pas encore bien défini. Elle finit par la sortir la question qui la titille : peut-on être coauteurs sans que s’instaure une relation amoureuse ? Pour elle, la réponse est non, visiblement. Lorsque je lui explique que Jean-Noël et moi nous sommes rencontrés une seule fois et que nous ne correspondons que par mails, elle tombe de sa chaise, ou presque, de surprise (parce qu’elle s’est confortablement installée en face de moi !) Elle argumente, insiste lourdement, je campe sur mes positions, elle s’en va, sourire en coin, convaincue que je lui ai raconté des bobards, promettant de repasser. Désolée, Jean-Noël, nous sommes, pour la dame aux yeux de braise, les amants terribles qui ont mis au monde l’Homme de Trôo ! Elle est suivie de peu par un Stéphanois, exilé à Paris pour son boulot, qui regrette sa petite ville bien tranquille, qui taille un costard à tous les Parisiens qu’il déteste. J’en profite pour en tailler un à notre maire et nous nous rejoignons sur ce point : il faut que ça change aux prochaines municipales ! Après une demi-heure passée à me déverser ses états d’âme, il s’assure que je serai bien là jusqu’à sept heures, promet de revenir après être passé au distributeur. Il n’en a rien fait : j’espère qu’il s’est fait attaquer devant le distributeur, pire qu’il est passé sous un bus, bien fait ! Pour en revenir à l’accueil FNAC, c’est un vrai plaisir. Régulièrement, les vendeurs, le responsable de la séance de dédicaces passent me faire un petit coucou, me demandent comment ça va, si je veux un peu plus d’eau. J’aurais besoin de quelque chose de plus corsé, mais vous me voyez demander un doigt de whisky ? Un vendeur HIFI me conseille de me dégourdir les jambes et me montre le chemin des toilettes où je m’engouffre dans celles… des hommes ! Ma seule bonne résolution prise le 1er janvier 2008, être moins étourdie, ne tient décidément pas la route !
Ce qui m’a frappée, cet après-midi-là, c’est l’impression de voir passer et repasser toujours les mêmes individus. Pour ça, j’ai l’œil : celui-là, serré dans son petit blouson de cuir, celle-là avec sa jupe à volants, ces deux amoureux scotchés l’un à l’autre, et tant d’autres, ils ont erré d’un rayon à l’autre, ils ont tourné en rond, de quatre à sept ou presque ! Ma foi, ils ont bien raison : ici, il fait chaud, on peut feuilleter des livres, écouter de la musique, regarder la télé, s’asseoir, tout ça sans dépenser un centime.
Le sosie de Sim avec son bonnet enfoncé jusqu’aux yeux, ça faisait un moment que je l’avais repéré, qu’il rôdait autour de ma table. Il finit par se décider. Il m’a reconnue, il m’a acheté un livre sur la guerre d’Algérie à la fête du livre de Saint-Étienne. J’ai du mal à garder mon sérieux ! La guerre d’Algérie, non, ce n'était pas moi, pas plus que celle d’Indochine, de 39-40, du Golfe, Guerre et Paix non plus ! Bref, il écrit lui aussi, des chansons, musique et paroles. Par contre il fait une faute à chaque mot. Est-ce que je connais un remède ? Pas vraiment. Chez lui, c’est d’origine psychiatrique, me confie-t-il. Ben, pas seulement l’orthographe, mon ami, me dis-je ! Il embraie ensuite sur les Don Quichotte, les sans abri, les magasins de luxe, les sans papiers, revient aux grandes guerres, comme s’il les avait toutes faites. Je suis soulagée quand il me serre la main et se dirige vers la sortie.
Je ne m’attarderai pas sur ceux qui passent leur chemin en lançant un regard condescendant, avec un sourire narquois qui sous-entend : « Encore une pauvre écrivaillonne qui essaie de vendre sa daube ! » Parce qu’il y a aussi les gentils qui disent bonjour, puis au revoir en s’en allant. Et les naïfs qui s’extasient : « Vous êtes de St Etienne ? Et vous avez écrit un livre ? Ça alors !» Ben oui, y en a un paquet de gens qui écrivent à St Etienne, y a pas que des gars en maillot vert qui tapent dans un ballon au stade Geoffroy Guichard. D’ailleurs, y en a-t-il seulement un seul de ces fouteux qui soit né à Sainté ?
Les moments creux… l’horreur absolue ! Au début, je me suis demandé, riant intérieurement : « J’enlève le haut, j’enlève le bas ? J’aurais peut-être dû me faire une tête hérissée de mèches de toutes les couleurs, collées au gel ? »
Après, j’ai hésité entre le :
* Que diable suis-je venue faire dans cette galère ?
*Mort aux cons ! (le titre du dernier bouquin que je viens de terminer, je ne vous le conseille pas spécialement.)
* Ah ! si j’étais Michel Drücker ! » Là, je me suis imaginé la tête de mon homme allongé le soir aux côtés de l’indécrottable Monsieurvivementdimanche qu’il hait viscéralement, et j’ai pouffé !
J’en ai quand même vendu quelques-uns, de ces Hommes de Trôo, je ne vous dirai pas combien, à des lecteurs qui avaient prêté attention au petit article-annonce dans le magazine de la FNAC. Des femmes, essentiellement, qui avaient eu un coup de cœur, souhaitaient en savoir un peu plus sur l’histoire. Ah ! le bonheur d’écrire un petit mot pour Mimounette, qui allait le recevoir en cadeau, pour Danièle ! Danièle, elle s’est arrêtée, les bras chargés de livres, elle l’a caressé, retourné dans tous les sens, le bouquin. Mais elle avait déjà beaucoup acheté, elle reviendrait. Et le mari s’est approché : « Mais prends-le donc, puisque tu en as envie, parce que la semaine prochaine, la dame, elle, elle va pas revenir pour te faire une jolie dédicace ! » Le regard qu’ils ont échangé, ce couple de quinquagénaires ! Y avait tant de soleil, tant d’amour au fond de leurs yeux… que ça m’a fait du bien.
J’ai pensé aussi à quelques-uns et unes qui avaient promis de faire un tour, et ne sont pas venus ! Je me suis promis de ne plus leur adresser la parole, ou le mail ! Mais c’est déjà oublié, il y a plus important dans une vie qu’une séance de dédicaces. Je leur conserve toute mon amitié.
Et puis, heureuse surprise, vers 18h, voilà que débarque un petit groupe d’ados du centre social de mon quartier, de ceux que je vais aider deux fois par semaine à faire leurs devoirs. Ils n’ont pas de fric, et quand ils en ont un peu, c’est pour recharger le téléphone portable, pour un baladeur, un CD, une BD. Mais ils sont venus, pour dire bonjour à m’dame, à celle qui leur ré explique les voies interrogative, négative, passive en anglais, qui donne un coup de main pour la rédac, l’explication de textes, qui pique un fou rire avec eux. Ils veulent même aller me chercher un café, un chocolat . Et ça, croyez-moi, ça m’a fait chaud au cœur.
À dix-neuf heures, je rends mon tablier. Je récupère mon manteau dans le bureau de Thierry, on papote un moment en mangeant des petits gâteaux secs. Je reprends le tram, fatiguée, songeuse. Écrire, j’aime ça, c’est sûr, j’en ai besoin pour me sentir exister. Mais me mettre en vitrine, me vendre, c’est pas vraiment mon truc ! Vive le Net, vive le forum de Maux d’Auteurs, celui de À vos plumes, celui de Brooms , vive Calipso, Mot compte Double, tous ceux qui me font le plaisir d’héberger de temps à autre les délires de ma plume !

Posté le 23.01.2008 à 09:49
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Le samedi 26 janvier 2008, de 15hà 19h, je serai présente à la FNAC de Saint-Etienne pour une séance de dédicaces du roman Un Homme de Trôo, coécrit avec Jean-Noël Lewandowski.

